Incontournable, voici le plus grand chanteur jamais vu (à mon goût) en
Bretagne, j'ai nommé ...
Denez Prigent !
"Le chant ne craint pas de porter même l'ouragan qui démolit..." (Guillevic)
Originaire de Santec dans le Finistère Nord, Denez Prigent, né vers la fin des années 60, découvre la langue et la musique traditionnelle bretonne, et plus particulièrement les gwerzioù (Complaintes satiriques, 'Cri de douleur, voix de l'âme'. La plus ancienne gwerz est attestée du V° siècle), auprès de sa grand-mère.
« Je me sentais en accord avec mes grands-parents, avec leur sérénité profonde à l'écoute des rythmes de la nature et aussi totalement ébloui par la voix de ma grand-mère qui s'exprimait spontanément par le chant. J'étais émerveillé par leur langue. Pour moi, elle constituait la clef pour pénétrer dans un monde de sagesse et me donnait le sentiment de nourrir mon âme.» « J'ai passé mon enfance entre deux mondes. Pendant la semaine, dans une cité-dortoir du Relecq-Kerhuon, aux portes de Brest. Et le week-end à Santec, chez mes grands-parents. C'est l'endroit de la côte où les pointes de vent sont les plus fortes. J'ai pu comparer ces deux mondes et choisir le mien. » A 14 ans il s'initie au "Kan ha Diskan" (chant et contre-chant). Si la tradition de la Gwerz est très vivante, celle du Kan ha Diskan a disparu. Sa rencontre avec Alain Leclère est décisive quant à l'apprentissage de cet autre style. Ce chanteur originaire du Centre-Bretagne, tient son enseignement du maître Manuel Kerjean. Denez Prigent va le suivre dans de nombreux Festoù-noz ( Fêtes traditionnelles de nuit qui rassemblent plusieurs centaines de personnes qui dansent au rythme des chanteurs de Kan ha Diskan, des sonneurs de couple bombarde et binioù Koz ou des formations instrumentales) de la région au cours desquels il rencontre d'autres chanteurs parmi les plus expérimentés tels que Louis Lallour de Plourac'h, les frères Morvan de Saint Nicodème ...
Après plusieurs années de Festoù-noz, Denez remporte avec Alain Leclerc le premier prix du Kan ha Diskan au "Kan ar Bobl" ("chant du peuple", concours de chant le plus prestigieux de Bretagne) en 1987. En 1988, sa passion et sa connaissance du breton l'incitent à devenir professeur de breton et d'art plastique à Carhaix, charge dont il démissionne en 1991, pour se consacrer au chant et vivre de son art. Il devient ensuite l'animateur d'une émission culturelle en breton sur Radio-France Armorique. Denez Prigent enrichit son répertoire de Gwerzioù et de Kan ha Diskan par ses propres compositions ce qui lui vaut en 1989 et 1990 deux autres premiers prix au "Kan ar Bobl" dans la catégorie chant traditionnel et chant nouveau en breton. Ce concours lui fait découvrir le concert et lui permettra d'être invité par la suite dans de nombreux festivals de chants et musiques traditionnelles tels que 'Les tombées de la nuit' à Rennes, 'Le festival interceltique' à Lorient ou encore le festival 'Voices of Asia' à Alma Ata au Kazhakstan.
En 1992 il tente le pari de chanter aux Transmusicales de Rennes devant un public rock non initié. Sa prestation est un triomphe et lui ouvre les portes des grandes rencontres musicales de France et d'ailleurs telles que le festival 'Musiques métissées' d'Angoulême, le 'Mitte Europa' en Allemagne ou encore le 'Coup de C½ur francophone' de Montréal. Il est alors invité à participer au Zénith de Stéphane Eicher et à la tournée berlinoise de Julien Clerc. Il participe en 1993 à une tournée avec Louise Ebrel et travaille avec Arnaud Maisonneuve pour le groupe Deep Forest. Il sort également cette année là son premier album : "Ar Gouriz Koar" (la ceinture de cire). En 1995 il participe à la réalisation du disque Dao Dezi, dans une optique de renouvellement de la culture bretonne. En 1996 il remasterise et réédite "Ar Gouriz Koar". L'année suivante il participe au CD "Excalibur" et édite un nouvel album : "Me 'Zalc'h Ennon ur Fulenn Aour" ("Je garde en moi une étincelle d'or") dans lequel chants, instruments traditionnels, instruments électroacoustiques et séquences électroniques s'harmonisent sans concession et se rencontrent dans leurs extrêmes. En 2000 il sort "Irvi" ("Chemins d'écume).
« Ce disque s'éloigne de la tradition du chant en Bretagne grâce à des mélodies qui nous font partir vers d'autres terres, vers l'Irlande ou l'Orient». Cette même année le réalisateur américain Ridley Scott reprend un morceau ("Gortoz a ran") du dernier album de Denez Prigent dans la bande originale de son dernier film, 'La chute du Faucon noir' alors que son quatrième disque, enregistré lors du Festival interceltique de Lorient 2001 ("Live Holl a-gevret !"), est déjà prêt a sortir. En 2002 Denez participe à la bande originale d'un téléfilm : "L'Odyssée de l'espèce". Et en 2003, il réalise "Sarac'h", un album de rencontres entre instruments bretons et orientaux dans lequel il a convié cinq femmes venues d'horizons variés.
Si Denez Prigent a les yeux tournés vers les tréfonds de la mémoire ancestrale, c'est qu'il rêve d'une harmonie nouvelle. Le chant de la terre parle à la planète... « Mon rêve ? C'est de voir un jour des enfants jouer aux billes en Breton... » Un rêve tenace dont il détient les clefs. ("Bon courage Denez !" lol ... le mot de la fin pour Glorfinn !)
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